freche la tache du ps, le nouvel ami de sego

Si cela vous a échappé, Ségolène Royal est désormais la candidate officielle du PS, après une précampagne à bousculer les éléphants. Notamment en vantant les mérites de nouveautés que certains ont un peu vite comparées à des gadgets. Ainsi, la candidate a-t-elle expliqué qu’il fallait davantage écouter les citoyens. Appelant même, dans un tollé étonnant, à l’organisation de jurys – citoyens ou populaires selon les jours – pour surveiller l’action des élus. Elle a également proposé des référendums citoyens. Et n’a cessé de chanter les louanges d’une réelle démocratie participative. Ségolène Royal a aussi osé dire tout haut qu’elle n’avait pas forcément réponse à tout. Et qu’elle était prête à écouter ce qui remonte du pays. Alors puisqu’elle prétend vouloir nous entendre, je vais saisir la perche tendue. Il ne m’apparaît, en effet, pas nécessaire d’être un militant de vingt ans d’âge ou l’un de ces fameux adhérents à 20 e, encore moins un cadre du parti, pour obtenir d’elle un simple geste porteur d’un vrai message.

Je demande à la première des socialistes de s’engager clairement – comme plusieurs de ses « camarades » l’ont fait (Jack Lang, Bertrand Delanoë…) – pour l’exclusion de Georges Frêche du PS. La semaine dernière, le président de la région Languedoc-Roussillon a lâché, en parlant des footballeurs de l’équipe de France : « Dans cette équipe il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s’il y en a autant, c’est parce que les Blancs sont nuls. J’ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine. » Certes, Ségolène Royal a fustigé ces propos dès vendredi, les jugeant « extrêmement graves ». Mais, alors pas encore élue, elle a aussitôt précisé : « Ce sera au PS de prendre une décision. » C’est très insuffisant.

La nouvelle « patronne » a là une belle occasion d’asseoir son pouvoir en pesant sur les instances de son parti pour qu’elles excluent le récidiviste (il admonesta déjà les harkis en des termes aussi injurieux). Et ce en dépit du nombre important de voix apportées par la Septimanie (l’élu du Sud voulut un temps ainsi nommer sa région). Ségolène Royal montrerait ainsi à l’opinion – qui lui est donc si chère… – qu’elle ne se comporte pas comme Nicolas Sarkozy. Ce dernier a réclamé, en effet, l’exclusion de Georges Frêche. Mais le même a-t-il demandé au président de l’UMP (un certain Nicolas Sarkozy…) d’exclure le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, ou Eric Raoult pour leurs propos outranciers répétés sur les étrangers, ou le député Christian Vanneste, poursuivi pour des propos homophobes ? Vous avez dit cohérence !

Publié dans: on novembre 29, 2006 at 5:03 Laisser un commentaire

a signer et faire signer merci

signez et faites circulez merci

petition

Suite aux propos tenus par Georges Frêche le 15 novembre, le Bureau national du Parti socialiste, à l’unanimité, a saisi la Commission des Conflits pour qu’elle en tire les conséquences et se prononce notamment sur l’exclusion de celui-ci.

Nous, élus et militants socialistes, souhaitons rappeler l’émoi provoqué dans la population et au sein du Parti socialiste par les déclarations inacceptables de Georges Frêche.

Nous condamnons une attitude qui n’a pas sa place au sein des socialistes, attitude aggravée par la qualité d’élu et de responsable de celui qui a tenu ces propos.

Nous insistons sur la dérive préoccupante que constituent les obscures tentatives d’explication et de justification de M. Frêche, au nom d’une pseudo nécessité de rompre avec le politiquement correct. Aucune posture, aucun artifice de langage ne peuvent justifier ou excuser que l’on puisse qualifier les compétences des hommes en fonction de la couleur de leur peau.

Certes, les statuts de notre parti doivent permettre à chacun de se défendre et de s’expliquer. Pour autant, nous appelons fortement les socialistes à ne faire preuve d’aucune faiblesse dans la mise en œuvre de la procédure à l’encontre de Georges Frêche.

Nous n’acceptons ni les intimidations, ni les menaces vis-à-vis des socialistes, ni les grossières tentatives de réinterprétation de la vérité, uniquement destinées à gagner du temps.

Nous pensons que le Parti socialiste doit faire preuve de célérité, de clarté et de vérité dans les décisions que prendront ses instances, sans quoi le risque serait grand d’altérer notre capacité collective à porter l’aspiration des Français au renouvellement des pratiques politiques.

C’est pour cela que nous appelons les socialistes à rester fermes sur les principes et sur nos valeurs et à ne pas retarder l’instruction de la demande d’exclusion de Georges Frêche.